C'EST COMME SI TU AVAIS TOUJOURS
ÉTÉ LÀ...
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
C'est
comme
si
tu
avais
toujours
été
là,
dans
notre
vie.
Comme
si
je
te
connaissais
par
coeur,
si
je
ressentais
ce
que
tu
ressens.
Ce
petit
bout
de
nous
deux,
tu
es
l'aboutissement
de
l'amour
de
2
êtres,
le
fruit
de
la
patience,
la
tendresse
et
de
la
douceur...
Je
te parle,
si naturellement,
tu ne
comprends pas
mais j'espère
que tu ressens
l'amour.
Je te
parle de
ton
séjour dans
ce "nid"
qui, je
ne le saurai
jamais, n'a
peut-être pas
été si
doux pour
toi. Des
contractions
pendant
presque 5 mois,
cette sensation
que mon
corps voulait
rejeter ce
petit
être qui
ne
demandait
qu'à
grandir.
C'est dur
à accepter,
ne pas
maîtriser
son
corps,
qui va à
l'encontre de
ce qu'on
désire
le plus
au fond
de soi,
au creux
de son coeur...
Et jusqu'au
bout je
l'aurai détesté,
il te faisait
tant de mal,
ton petit
coeur
en souffrait,
ce petit
coeur
qui
le 21
Octobre
a été
une révélation
quand
nous
l'avons
entendu
à l'échographie,
pour
la toute
première
fois.
Paradoxalement,
j'aimais
tant
aussi
ce
corps
de femme
enceinte,
j'étais
fière
de ce
ventre
que TOI
tu rendais
si
beau, en
l'arrondissant
au fil
des semaines.
Je
me sentais
belle, belle
de
par tout
ce que
ces
modifications
symbolisaient :
la féminité,
la
maternité,
la
vie,
l'enfance
et l'innocence
à venir...
l'espoir,
l'amour,
à chacun
de tes
mouvements,
de
tes petits
coups
de pieds.
Maintenant
je me
sens vide,
c'est absurde
car
tu es
là et
tu illumines
nos
vies par
ton si
joli
sourire,
par tes
mimiques,
ton
visage,
ton regard
qui découvre
notre
vie.
Peut-être
n'ai-je
pas bien
pu faire
le
lien entre
"toi"
là dans
mes
bras,
et "toi"
et
tes coups
de pied dans
mon
ventre.
À "cause"
de cette
césarienne
faite
en urgence,
vu l'affaiblissement
de ton coeur,
je n'ai
pas
pu te
voir
sortir
de
moi,
je
n'ai
pas
eu un
vrai
accouchement,
celui
qui
fait
"devenir
mère",
cette
sorte
de
rituel
avec
le
"travail",
qui
fait
dire
que
la maman
a fait
du beau
boulot
et
peut
en
être
fière.
J'ai
subi,
moi.
Mais
quelque
part,
l'épreuve
n'était-elle
pas
là aussi ?
Elle est
peut-être
plus dans
"l'après",
et il
faudrait
aussi
en
être
fière.
Je
me sens
vide...
vide de tes
mouvements.
La forme,
le poids
de mon
ventre
me manquent,
cette
façon que
j'avais
de "te" ou le
soutenir,
le toucher,
le caresser
et
TE caresser
aussi, communiquer
mon
amour. Tout
ça doit
être difficilement
compréhensible
pour quelqu'un
d'autre,
car tu
es
là, en bonne
santé,
si jolie,
adorable
toute sage,
et n'est-ce
pas là l'essentiel ?
Mais c'est
comme
si j'avais
été volée
de ce
dont
je rêvais
depuis des
années,
ce que
j'avais
idéalisé,
"préparé"
dans mes
rêves...
J'ai
été
volée
d'une
partie
de ma
grossesse,
avec
ces
mois
alitée,
les
angoisses
au lieu
de la
sérénité...
Et
la nature
m'a volé
l'accouchement
et toutes
ces idées
que
j'y
rattachais
là
aussi :
un moment
d'intimité
entre
les
parents
et
l'enfant,
une
rencontre
à trois,
une
découverte
simultanée,
le cordon
coupé
par
le papa,
sa
réaction
à la 1ère
seconde
où
il
aurait
dû te
voir...
Au lieu
de
ça, nous
avons
vécu
un accouchement
tous
les
trois
séparés,
chacun
seul
de
son côté.
Et
la
vie
nous
a
voléles
premières
24h
de
ta
vie,
vu
que
tu
étais
loin
de
moi
dans
un
incubateur.
Heureusement,
ton
papa
m'avait
imprimé
une
foto,
j'ai
passé
la
nuit
à t'admirer
sur
ce
petit
morceau
de
papier...
Ceci
dit
tout
celà
était
nécessaire
pour
ton
bie-être
à
venir,
de
ce
côté
là
je
n'ai
AUCUN
regret,
la
césarienne
était
nécessaire,
pour
toi. Après
tout,
on
n'accouche
pas
pour
soi-même,
mais
pour
donner
la
vie
et
le
bien-être
à
un
bébé.
Une
cicatrice
si
fine,
et
peu
visible...
Au fil
du
temps tout
ça s'estompera,
mes
sentiments
moins
vite
que la
cicatrice
elle même
sûrement...
Mais
quand
je
te regarde,
les larmes
me montent
aux
yeux
et
tout
ça
en valait
la peine,
on
dépasse
ses
limites
et on
est prête
à tout
dans
ces moments
là.
C'est
instinctif,
on
ferait tout
pour sauver
la
chair
de sa chair,
pour la
défendre
contre cet
ennemi,
ce
mal. Je
ne
me suis
posée
aucune
question,
j'ai
fait
confiance
au gynéco,
je me
suis
laissée
porter
par
les
événements
et
son
assurance.
Par
contre,
j'aurais
eu un
peu plus
d'1h30
pour
m'y
préparer,
j'aurais
su mieux
t'accompagner,
te
soutenir,
te
guider
jusqu'à
moi et
t'accueillir.
Parfois
je culpabilise,
c'est
comme
si
je
t'avais
laissée
te
battre
seule.
Je le
regrette...
Je
ne
réalisais
pas
que
tu allais
enfin
être
là,
ce qui
maintenant
me
procure
cette
sorte
de sentiment
de néant,
de
"mort"
quelque
part
oui... J'aurais
eu
le
temps
de
réaliser,
j'aurais
vécu
plus positivement,
j'aurais
profité
du peu
de temps
qu'il
restait
pour
te
caresser,
te
rassurer,
je
n'aurais
pas
vécu
ces
mouvements
ressentis
juste
après
la
pose
de
la
péridurale
comme
tes "derniers
mouvements"
mais
plutôt
comme
un
signe
pour
me
dire :
"j'arrive
très
bientôt
ma
maman !"
Je
ne
les
oublierai
jamais,
ces "derniers"
mouvements
dans
mon
ventre,
ô
comme
j'adorais
ça...
Je
vais me
rattraper et je
me rattrape déjà.
Avec nous, tu
es dans un
nid de douceur,
enveloppée
de tendresse,
tout n'est
que câlins,
pour te
montrer
à quel point
je t'aime, même si
je n'ai pas
su tout bien
faire sous
le coup
de l'émotion.
Et c'est
pour
ça aussi que
je te parle, que
je te caresse,
que je te regarde
des heures durant
sans jamais
me lasser.
Pour te
transmettre tout
mon amour, au
cas où dans
mon ventre
tu ne l'aies
pas
ressenti
comme ça...
pour te rassurer
et te faire
oublier cette
épreuve
de l'accouchement
car, même
si plus
âgé on n'en
garde
aucun souvenir,
pendant quelques
jours tu as
gardé une sorte
de souvenir, un
réflexe sûrement
dû
à ce traumatisme
de la
séparation,
de la
souffrance
dès ton arrivée
dans
ce monde,
que je
voudrais
te rendre
si
doux,
chaud
confortable...
Tu sursautais
au moindre
contact,
pendant
48 heures, puis
tu t'es
habituée
à nous,
c'est
passé... pour
revenir
quelques
jours
plus tard
avec
cette
prise
de sang.
Maintenant,
trois
semaines se
sont écoulées
et tu parais
moins craintive.
Et de
mon
côté, j'ai
beaucoup
moins de
problèmes
à m'endormir
("une
forme
d'anxiété"
a dit
la sage
femme). Pendant
plusieurs
nuits,
dès que
je passais
la 1ère
phase
du sommeil,
j'étais
réveillée
en
sursaut par
la sensation
de tomber,
et
ça, dix,
quinze
fois
dans la
nuit.
Te
parler,
t'écrire
aussi.
Peut-être
un
jour
liras-tu
ces
lignes.
En
tous
cas,
pour
toi,
pour
moi,
je
ne
veux
pas
oublier
tout
ça,
car
c'est
ce
qui
a
fait
que
tu
es
venue
au
monde,
que
tu
es
toi.
Avec
le
temps,
les
souvenirs
embelliront
les
choses. Jusqu'au
bout,
la
vie
nous
aura
demandé
des
preuves
de
notre
amour
envers
toi,
comme
si
elle
pouvait
en
douter...
Tu
as
été
on
ne
peut
plus
désirée,
attendue
pendant
de
longs
mois,
aimée
avant
même
d'exister...
Et
pour
ce
qui
est
d'aimer,
ce
n'est
que
le
commencement,
mon
coeur.
Mon
homme,
mon
amant,
ce
père
rêvé...
et
toi
mon
si
petit
bébé,
mon
ange,
je
vous
aime.
AINSI FAIT L'AMOUR ET L'ON N'Y PEUT RIEN...
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
Cette
phrase
"colle"
si
bien
à
ta
naissance.
Un
coup
de
foudre,
un
amour
instantanné
et infini.
Un
lien
invisible
et
si
solide,
une
fusion,
je
mourrais
pour
toi
s'il
le
fallait.
Et
cette
chanson
de
JJ.Goldman
qui
me
fait
pleurer,
débordant
de
souvenirs
de
ce
22
mai.
L'autre
jour,
c'était
en
te
berçant
dans
mes
bras...La
chanson,
c'est
"Et
l'on
n'y
peut
rien".
Pourquoi
les
larmes
aux
yeux ? Dans
le
bloc
opératoire,
il
y
avait
de
la
musique...
et
cette
chanson
là,
pour
ta
venue
au
monde. Je
ne
l'oublierai
jamais,
je
crois. Une
belle
chanson
d'amour,
gaie,
qui
pour
moi
maintenant
a
un
petit
gout
de
douceur,
d'émotion... En
la
ré-entendant,
je
retrouve
les
souvenirs,
les
sensations,
l'ambiance
avec
ses
bruits,
ses
odeurs,
et même
si
cette
naissance
gardera
quelques
regrets
quant
au
déroulement,
après
tout,
c'est
surtout
TA
NAISSANCE,
alors
je
l'aime
aussi,
ce
moment,
bien
sûr.
Pour
que tu
saches
tout
ce
qui a
fait que
tu est
TOI
et que
nous
t'aimons
tant,
notre
"petit
miracle",
notre
petit coeur,
il
faudrait
remonter
loin.
Trois ans
mois pour
mois.
Sur d'autres
pages,
tu
as
pu suivre
notre
désir
et
ton
évolution.
Trente
mois
d'attente,
de batailles.
Même
plus, car
je te
"voulais"
déjà
avant,
depuis
des
années
en
fait,
mais
l'idée
était
encore
"abstraite". Puis
avant
même
d'essayer,
le
désir
était
au
fond
de moi,
un
enfant
avec
l'homme
que
j'aime,
qui
m'a
"reconstruite",
l'homme
qui
me rend
belle
et
forte,
sans
qui
je ne
peux
pas
"grandir"...
Je
suis
en train
d'écrire
et
tu es
là, contre
moi,
tu
dors
paisiblement
et
parfois
souris
aux
anges. C'est
si beau. Je te
regarde
et tu
es si
belle.
J'aurais
envie
de te
serrer
très
fort
contre
moi,
mais
tu
es si
fragile. Tout
est
là. Vulnérable
et
pourtant
si
parfaite,
comme
la Nature
fait
bien
son
travail :
un
bébé a
tout
d'un
homme
ou
d'une
femme,
mais en
si petit,
c'est
magnifique.
De
si
petits
pieds, des
petites
mains,
un petit
derrière
(je l'aime
ce petit
cul,
celui-là même
qui me
donnait
des coups,
en haut
à droite
sous
les côtes,
et que
je poussais
quand
tu faisais
trop d'étirements !)
un si joli
sourire,
un tout petit
nez, des
yeux
magnifiques,
jusqu'aux
cils
tout est
là. Nous
sommes
tous les
trois
dans
une bulle
et
c'est
l'amour
qui nous
protège,
accompagné
de douceur...
LUNDI 19 MAI :
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
A
18h30 ayant mal à un rein et à la vessie
(et ne te sentant pas trop trop bouger depuis quelques
jours, arrêt du salbu* et contractions toutes
les 5 minutes en quasi permanence) je m'en vais à
la clinique pensant, pour une fois, revenir 1 heure
plus tard. les autres fois, il y avait toujours eu ce
doute "mon col a t'il bougé ? et s'ils me
gardent ?" mais cette fois là je suis confiante,
je me dis "un monitoring et tout va aller bien".
Mais
apparement ma description des symptomes retient l'attention
de la SF mes contractions sont régulières,
mon col est raccourci. Puis arrive le gynéco,
celui que je préfère des trois qui m'ont
suivie jusque là. quelqu'un de compréhensif,
doux, humain avec un petit peu d'humour ce qui aide
parfois à dédramatiser... deuxième
toucher vaginal, le col commence à s'ouvrir.
re description de ma douleur, dans le rein et ça
iradie jusque devant, ça descend jusqu'à
la vessie. bilan du gynéco: coliques néphrétiques,
d'où perfusions et observation pour la nuit.
mais ça pourrait être aussi un début
de travail... il m'explique comment ça va se
passer, demain matin une écho pour voir le système
rénal, il repart.
Là je suis partagée entre une excitation
"je vais peut être accoucher demain, voir
notre fille, ça y est tout est peut en route"
et l'inquiétude "quel est le problème ?
ça y est ils me gardent c'en est fini de ma grossesse,
de mon si joli ventrou plein de promesses d'une si belle
vie... je ne pourrai plus profiter librement de tes
mouvements, me promener fièrement et profiter
de mon état que j'adore malgré ces mois
alitée". Alors je pleure, c'est si déroutant.
Jusqu'ici je n'ai pas vraiment stressé à
l'idée d'acccoucher, ça ne m'a jamais
fait "peur". c'est une phase par laquelle
il faut passer, c'est tout, et au bout, la "récompense"...
(et en fin de compte, j'ai été comme "prise"
dans un engrenage au fil de ces journées à
la clinique, qui m'a menée au 22 mai, sans vraiment
avoir le temps de penser à l'accouchement proprement
dit). La SF vient demander si on a prévu la "valise
au cas où" ben non, je suis partie les mains
vides moi... pose de la perfusion, elle commence par
me louper au bras droit, aiguille trop grosse, en plus
de mon stress, qu'est ce que ça fait mal ! deuxième
tentative, réussie, ouf, plus haut dans le même
bras. et les contractions du coup se sont emballées:
toutes les 2 minutes !
En
fauteuil roulant on m'emmène dans ma chambre,
et ton papa part chercher des affaires... Le soir tard,
il repart dormir à la maison, je n'ai tellement
pas l'habitude de dormir sans lui depuis plusieurs années...
mais je me retrouve avec toi, en "tête à
tête", et je sais qu'il n'est pas loin, à
5 minutes de nous...
MARDI 20 MAI :
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
L'échographie
devait avoir lieu le matin, et ça commence, l'attente
sans savoir... ce n'est pas prêt de s'arrêter !
L'après midi enfin, on m'emmène, toujours
en fauteuil roulant, jusqu'à la salle des échographies,
je fais un peu bête curieuse avec ma perfusion
et ma tenue "de nuit" sympa.... Ah comme j'ai
du mal à me bouger, ce ventre grossit encore
et toujours, et il pèse bien plus vers le bas,
tu peux encore descendre plus bas ? ! ? ;o) ah ça
tu es bien engagée je te sens pas loin envie
de nous rencontrer, petit à petit la nature fait
son travail...
tout va bien pour toi à cette écho, du
coup même si ce n'est bien sur pas le but, je
peux encore t'admirer, essayer d'attraper des images
de toi, tout en étant consciente que très
bientot je verrai vraiment ton visage... tête
en bas et tu as l'air de bien vivre les contractions:
tu tètes ton pouce ! et l'échographiste
prévoit un bébé de 3 kgs (tu feras
2.995 en fait, histoire d'affirmer sa perosnnalité
ce p'tit bout !). Je lui demande comment tu es dans mon
ventre, vu que depuis que tu es tête en bas j'ai
du mal à bien situer quoi est où... ce
sont donc tes p'tites fesses que j'aies à droite
sous mes cotes... quant au coté gauche, cette
bosse que j'ai poussée plusieurs fois, où
parfois on sentait si bien les contours: ce sont tes
genoux ! (et c'est vrai quand je toucherai tes genoux
"pour de vrai", ça a vraiment la même
forme !)
le gynéco revient me voir: j'ai certainement
des petits calculs et vu que la douleur peut devenir
insupportable, je reste, nous restons encore la nuit...
perfusion toujours, ça me rappelle le film "Philadelphia",
me ballader avec ce "pied" à roulettes
dans ma chambre... :o(
MERCREDI
21 MAI :
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
Matin,
monitoring, et ça se gate... j'ai certes le col
qui se raccourcit et s'ouvre un peu, mais sans "vrai"
travail, et là je souffre sacrément: au
monito on voit que je fais des "hypertonies",
des contractions qui durent 1/2 heure ! elles ne sont
pas très "fortes" sur le tracé,
mais au bout de 1/2h ça fait vraiment mal, et
je pense à toi "là dedans" comme
ça doit être dur pour toi... ton petit
coeur faiblit pendant ces moments là, mais la
sage femme se veut rassurante: tu te remets bien...
le monitoring le plus long de ma grossesse: 5 heures !
et j'en refais d'autres dans la journée...
On
me met sous perfusion de salbu*** ("comprimés
puissance 10" dit la sage femme !). Le gynéco
vient pour un "bilan" et me dit qu'on me garde,
encore... je vois encore s'éloigner ma sortie,
me retrouver "chez nous" avec toi dans mon
ventre et que tout aille bien... Alors, je reste sous
perfusion, et d'ici 3 jours on me provoquera des contractions
voir si tu tiens le coup. pour l'instant avec salbu***
ça se calme et tu restes au chaud.... il vaut
mieux, à chaque nouvelle journée de passée,
un bébé en meilleure forme... Le gynéco
parle vaguement de césarienne vu que les contractions
agissent sur ton coeur, mais reste confiant, et ne pense
pas qu'on en arrivera là, vu que tu tiens le
coup. Mon petit bébé comme je suis désolée
de t'infliger ça ! Et quand il repart, je craque,
j'ai si peur, c'est le ciel qui me tombe un peu sur
la tête, la fin de mon rêve, ma grossesse
que je voudrais terminer sereinement... j'ai peur pour
toi mon petit poussin, et je pleure... parce que là,
ce ne sera pas une naissance comme tu l'aurais choisie,
le jour où tu aurais voulu...
La sage femme qui s'occupe de moi me voit en larmes,
et devient très douce, il n'y a plus du tout
le rapport patient/médecin, et elle me donne
un calmant, quelque chose de bien plus fort que les
anxiolitiques donnés jusqu'ici, sensés
décontracter mes muscles. Du coup, je dors un
moment, et je suis plus calme, plus "neutre"...
Le
salbu*** me fait de droles d'effets vraiment désagréables,
j'ai vraiment l'impression d'être malade, je me
sens mal et ne maitrise pas du tout mon corps et ses
tremblements... j'essaie d'en rire, au repas du soir:
la cuillère remplie de soupe a du mal à
ne pas arriver vide à ma bouche, les concombres
sont égouttés de leur vinaigrette... quant
aux coquillettes, elles se font un peu la malle... Avant
de dormir, on stoppe la perfusion, et on m'enlève
le cathéter malgré que je répète
les mots du gynéco: la laisser pour dans trois
jours, voire plus tot...
Je me couche, "avec" toi et sans mon homme
et je me sens perdue, vulnérable, et inquiète...
je t'aime mon coeur, et j'ai peur. je te demande pardon
pour ce corps qui te fait du mal, je passe la nuit à
guetter mes contractions, au cas où tu aies besoin
d'aide...
JEUDI
22 MAI ...
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

petit déjeuner,
sans le savoir, mon dernier repas avant quelques temps...
puis la "routine" examens divers température,
tension... la sage femme vient et découvre que
je n'ai plus ma perfusion, elle reste sans voix puis
"euh et la perf ?" "eh non y en a plus,
ils me l'ont enlevée malgré mes explications !"
elle lève les yeux au ciel... ;o)

monitoring: avec la SF que j'aime beaucoup. elle
restera une "inconnue" mais je ne l'oublierai
pas. maternelle quelque part mais aussi mon "égale",
le rapport n'a pas l'air juste médical, il est
humanisé, elle connait la compassion, la compréhension
et la générosité. Je me mets sur
le coté gauche "bébé aime
bien ça", et revoilà le battement
rythmé qui me berce, me rassure, et je m'endormirais
presque... tu es là tout près... je dois
surveiller les lumières de la machine, et ça
passe beaucoup dans le rouge, je sonne. Le bruit qui
retentit dans le couloir est bien plus rapide que la
veille, la SF arrive très rapidement. elle bouge
le capteur, ça a l'air ok, alors je me recale
sur le coté, le ventre "dans" mon coussin.
cinq minutes plus tard, ça recommence, cette
lumière rouge, elle revient voir, ne dit rien,
et repart aussitot. Là je SAIS, je t'entends
mon petit ange, et ton coeur faiblit, il bat si lentement,
plus lentement que le rythme d'un adulte, il peine,
il lutte, le mien bat beaucoup plus vite.
tout s'accélère à part ce petit
coeur mon ange... la SF revient, avec elle 5 ou 6 infirmières,
avec le "matériel" nécessaire
pour une piqure dans le bras gauche, mon coeur s'accélère
encore, les battements plus forts et j'ai chaud, ça
c'est du salbu***. En même temps dans le bras
droit, une 4ème perfusion, je le savais que j'allais
y avoir droit ! je n'ai même pas mal, je ne pense
qu'à toi, notre petit bébé souffre...
On laisse le monito et après la tempête
tout semble se calmer. quelques minutes encore et arrive
le gynéco, cette priorité dans ses visites,
je m'en serais passé, ceci dit j'apprécie
qu'il ait été concerné, présent
et disponible rapidement. très calmement il m'explique
ce que je sais déjà, je ne suis pas en
travail et déjà le coeur ne tient pas.
"ça sera une césarienne". Bon.
Va falloir que je me prépare à ça,
chose que je n'avais jamais envisagée.
Je suis allongée dans ce lit, il est là
en face de moi et je demande "dans combien de temps ?"
pensant à quelques jours de répit à
encore profiter de tes mouvements mon petit bébé...
"combien ? 1h30." Le choc. Mais les larmes
ne viennent qu'après son départ, pourtant
je ne réalise pas vraiment, je ne peux pas y
croire. je ne peux pas me dire que tu vas naitre, que
nous allons faire connaissance. j'ai peur je crois,
je suis juste dans cet état d'esprit d'urgence
et de danger. ça y est c'est parti, c'en est
fini de mes moments avec toi dans mon ventre à
te sentir te parler mentalement... la SF vient me préparer,
blouse chaussons "bonnet" rasage... et un
petit bracelet à mon nom, comme ceux des bébés...
à
partir de là j'alterne la peur et le calme. peur
que ça se passe mal, peur de cet inconnu, je
ne sais pas du tout le déroulement. peur de mourir
aussi, de laisser un papa et son enfant. Qd je par pour
le bloc, j'ai la gorge tellement serrée en regardant
ton papa mon mari adoré, je suis si perdue sans
lui, je nous voulais tant tous les trois...

départ pour la césarienne: Le calme.
paradoxalement je me laisse porter par les événements.
je n'ai pas d'autre choix que de faire confiance au
gynéco. me voilà donc "roulant"
allongée sur le dos, l'infirmier me parle et
je ne vois que ces lumières blanches aux plafonds.
il m'emmène jusqu'au sous sol, plus de lumière
du jour, nous passons devant une chambre mortuaire,
tout devient si glacial ici... il me laisse dans le
couloir. le silence. je suis seule avec mes angoisses,
et pourtant j'aurais du me concentrer et me dire que
je n'étais pas seule. on était deux à
attendre, je te demande pardon de t'avoir comme délaissée,
je le regretterai si longtemps...
revoilà du monde et toujours les mêmes
questions pour me détendre "c'est une fille ?"
"quel est son prénom ?" Laurie Lou,
en deux mots, ma Laurie Lou qui ne se manifeste plus
actuellement, tu récupères peut être ?
pourquoi ne m'as tu pas rappelée à l'ordre
avec un bon coup de pied ?

13 heures: je rentre dans la salle la luminosité
me parait bleutée. le personnel précise
10 fois qu'il faut que je garde ma perfusion jusqu'au
dernier moment. je ne sais plus trop quand, je demande
au gynéco "et si la péridurale ne
prend pas bien ?" j'ai peur d'être "découpée"
et de tout sentir !

pose de la péri: je devrais penser à
toi mon petit amour, j'y arrive pas, ça va trop
vite je n'ai pas le temps de reprendre mes esprits.
Et moi qui avais peur de cette péri, avoir mal,
cette aiguille... dans le dos on n'y voit rien j'aime
pas ça... là je sais que j'aurai la force
de tout endurer pour toi mon bébé. l'anesthésiste
me demande de faire le dos rond, facile avec mon gros
ventrou ! je replie ma jambe gauche sous mes fesses,
tiens l'instinct, et ça marche ! la sage femme
me tient d'une main la tête serrée contre
son épaule et de l'autre elle tient mes mains.
j'ai bien du lui broyer quelques doigts ! ! !
plusieurs
piqures pour encercler la zone, ça fait certes
mal mais c'est supportable, c'est surtout l'angoisse
de l'inconnu... et LA piqure, la vraie ouh je sens que
ça glisse entre les vertèbres bizarre...
pendant les cours de prépa à l'accouchement,
la SF nous avait dit que les anesthésistes étaient
plutot froids, concentré sur leur travail. pourtant
ce monsieur me parait gentil et plutot doux. "allongez
vous" et là te revoilà... aussitot
sur le dos je sens tes mouvements, coups de genoux de
fesses, une dernière fois et j'en ai conscience,
après ça en sera fini. tu me fais signe
que tu es là mais je ne sais toujours pas réaliser
que je vais bientot te voir. peut être je préfère
ne pas penser à ce futur proche, au cas où...
me protéger, enfin, tenter vainement de me protéger,
s'il arrivait quelque chose je ne pourrai pas me protéger,
m'en remettre, jamais.
me voilà avec du coton qui arrive dans les jambes,
et on me colle des trucs partout, électrodes
sur la poitrine, un gros carré gris relié
à un fil sur la cuisse droite c'est quoi ça ?
(c'est pour faire la masse, qu'on me dit) la "pince"
sur l'index droit, la perf tjours là, on m'attache
les deux bras et les jambes c'est si étrange
de voir tout ça... c'est pas l'image rêvée
de l'accouchement. on me place aussi une sonde urinaire
:o( mais je ne sens quasiment rien la péri commence
donc à faire effet.

l'accouchement: ça
va commencer... je vois encore mon gros ventre, tout
rond, je sens le gynéco qui fait un tracé
de ma future cicatrice avec un "stylo", je
ne peux pas voir par contre... et il continue à
faire des "dessins" c'est bizarre quand même
ça dure... et le voilà qui passe le stylo
à la sage femme, qui dessine à son tour,
lui repasse le stylo... la crainte, le doute, puis j'essaie
d'analyser et.... MAIS ILS ME FONT PAS DES RONDS ET
DES CROIX LA ? ! ? pas un morpion qd même si ? et
la sage femme de dire "bon ben alors là
personne a gagné ?" "non..." répond
le gynéco. "on vous a fait un morpion !"
et moi de répondre "c'est bien ce que je
me disais ! ! !" du coup mon petit bébé
tu es surnommée "la morpionne" ! ;o)
Les
choses sérieuses commencent, là je ne
vois plus ce qu'il se passe... un bruit électrique
ça doit être le scalpel ouf je ne sens
rien... et je commence à avoir le vertige ça
tourne sacrément je me sens dans une sorte d'état
second... il y a de la musique tiens... Noir Désir
je crois, Cabrel aussi... et à un moment le gynéco
dit "Vite y a JJ préviens Untel" je
m'inquiète, que se passe t'il ? que t'arrive t'il ?
ils parlent toujours en initiales (MAP pour menace d'accouchement
prématuré, ECG pour électro cardiogramme
par ex...) et pour moi il y a un problème. puis
je comprends, JJ c'est J.Jacques Goldman, la musique,
je l'avais oubliée... ! ! ! ;o) "Et l'on n'y
peut rien" chanson gaie... j'écoute et je
"subis", j'attends en quelque sortes... il
continue de couper et moi j'ai toujours la tête
qui tourne. l'anesthésiste est derrière
moi et me caresse les cheveux, me demande "ça
va mon petit ?" et qui a dit qu'ils étaient
distants ? c'est protecteur, rassurant, c'est vrai à
ce moment là je me sens si petite, vulnérable,
je ne me sens pas "mère en devenir".
en tous cas, péri ou pas, là je sens qu'on
coupe, ça fait mal et dans cet état de
"droguée" (surement de la morphine)
je m'entends "raler" des bruits étranges...
c'est comme si j'assistais à mon accouchement
extérieurement, j'entends les bruits, je m'entends.
j'apprendrai plus tard que ce moment là, c'était
le péritoine, au moins je peux dire que j'ai
senti une partie de mon accouchement. maintenant on
aspire le liquide amniotique, on m'appuie bien fort
sur le ventre, le gynéco me prévient,
mais là je n'ai pas mal, je sens c'est tout...
La
sage femme me décrit la scène, c'est si
gentil je trouve, pour me donner une impression d'accouchement
plus naturel, me permettre de visualiser "la tête
est sortie" "maintenant une épaule"
et là je ne respire plus. je commence à
réaliser. ça se bouscule, puis un silence...
et un petit cri, d'un si petit bébé, et
un autre... c'est toi ça... puis j'attends, quelques
secondes qui me semblent une éternité,
je t'entends, ma fille, pleurer mais tes cris s'éloignent.
et reviennent. on me détache les bras, j'ai encore
cette fichue "pince" au bout de l'index mais
je l'oublie, voilà mon bébé. la
SF te pose sur ma poitrine, ta tête au creux de
mon cou, à droite. et c'est le calme après
la tempête, le silence, il n'y a plus que toi
et moi tu ne pleures pas tu es toute chaude. mais tu
n'es pas toute nue, tu as une petite couverture. et
je m'entends dire ces mots: "je peux voir sa petite
bouille ?" je ne peux pas te soulever toute seule,
la SF m'aide tu pleures un peu et tu t'arrêtes.
et je découvre ton visage, plein de vernix et
autres liquides, dont un tout blanc qui coule sur ta
figure, ce n'est pas grave, tu es si belle, et c'est
le coup de foudre de ma vie, un amour sans fin pour
toi ce petit bout de "nous deux", je n'oublierai
JAMAIS ton petit visage, tes yeux fermés un peu
gonflés ton petit air renfrogné tu es
magnifique et me voilà liée à toi
pour l'éternité prête à tout
pour toi... avec ton petit bonnet je ne vois pas tes
cheveux, apparement tu n'en as pas trop ;o) et ils sont
foncés, je ne sais pas trop mais après
tout je m'en fous, je caresse tes joues ton front...
mais je sais, ça ne va pas durer, ça ne
peut pas durer, il faut qu'ils t'emmènent loin
de moi, pour ton bien alors on te reprend à moi...
et je me dis que tu vas bientot retrouver ton papa...
tu
repars, tu pleures à nouveau... voilà
tu es née. il est 13h35 mais je ne le sais pas.
et je me retrouve "seule" malgré tout
ce "monde" médical et je me dis "ça
y est, on y est arrivés" oui on a réussi,
3 ans il aura fallu des traitements le désespoir
le sentiment de vide et d'inutilité... mais là
on a réussi cette merveille, notre petit miracle
oui toi...
Et je pleure .... l'émotion, le soulagement,
la sérénité... l'anesthésiste
est toujours là, et me demande en souriant "vous
êtes déçue ? vous vouliez un garçon ?"
"oh non ça je ne suis pas déçue..."
je crois qu'il a compris, garçon, fille, je suis
heureuse, comblée, c'est tout... mais je crois
qu'à un moment j'ai qd même demandé
"c'est bien une fille ?" car toute emballée,
je n'ai pas pu te voir nue...

Après : maintenant
le plus long: me recoudre. mais je suis bien, toujours
"planante" le seul moyen de "faire passer"
ce vertige somme toute agréable c'est de fermer
les yeux... et je crois même que je m'endors...
j'ai cette image de toi devant les yeux, je ne vois
que ça... à ce moment là, même
si j'ai "subi" la césarienne, j'ai
l'impression d'avoir accompli quelque chose de grand...
je suis confiante, je me dis que tu es avec ton papa,
et pour moi tu vas bien... on ne m'a rien dit à
ce sujet et je n'ai pas posé la question non
plus... (et en fait ils se sont bien gardé de
me parler de ta détresse respiratoire qui te
fera passer 24 heures sous oxygène) je vais très
bientot te retrouver, nous allons être tous les
trois à faire connaissance....
ensuite,
on me transporte sur un chariot ( ?), avec des sortes
de barrières de protection, je suis calée
là, et me voici en salle de réveil...
sensation étrange car même si je "plane"
toujours des effets de la perfusion surement, j'ai l'impression
d'être très fatiguée mais je suis
tout à fait consciente, au contraire de certaines
autres personnes dans la pièce. cet endroit est
très impersonnel, on ne me parle quasiment pas,
j'ai un masque à oxygène et petit à
petit quand je ne ferme pas les yeux pour penser à
toi et à ton papa, je regarde autour de moi tous
ces gens qui sont là, opérés, et
dire que moi ce n'aurait pas du être une opération
mais un accouchement, un moment joyeux quoi, j'aimerais
tant être dans ma chambre actuellement plutot !
patience...
Je ne sais plus du tout quand (ça restera le
grand mystère de mon accouchement !) on m'a enlevé
le cathéter de la péridurale... et je
retourne dans ma chambre.

Milieu
d'après midi, "notre" chambre :
Enfin je vais te revoir et peut
être te retrouver dans les bras de ton papa si
tu ne dors pas ? j'arrive dans la chambre, et là
personne, déception... on me remet sur mon lit
et j'attends, mais je ne sais pas comment je fais pour
être aussi zen, je me dis que tu es entre de bonnes
mains avec "mon amoureux"... Un petit moment
plus tard le voilà qui arrive, étonné
de me voir là, et avec un magnifique sourire
il a l'air tout heureux et si fier de toi, j'aime le
voir comme ça... mais toi tu n'es pas là...
l'expression qui te garde loin de moi clouée
au lit, c'est "détresse respiratoire"...
tu dois donc passer quelques heures en incubateur, avec
des sondes diverses et de l'oxygène. Ton organisme
n'est pas assez oxygéné, seul, il te faut
de l'aide, et petit à petit on diminuera le pourcentage
d'oxygène. Mais je ne dois pas m'inquiéter.
Tu me manques déjà, j'ai envie de te voir,
mais ton papa fait le lien, et je me "console"
en me disant qu'il aura comme ça des moments
privilégiés avec sa fille, que je n'aurais
pas eus, tout comme j'ai eu l'immense moment privilégié
(même si non souhaité) de te voir la première,
même si ça a été si court...
Je garde cette image encore et toujours, pour tenir
le coup de cette attente... bientot, dans quelques heures
voire moins, je vais te voir... en attendant, j'ai quelques
"fotos" de toi sur le petit écran de
l'appareil
Et c'est encore et toujours l'attente, depuis tous ces
mois, les questions et l'attente. Toujours pas de toi
à mes cotés... On va aux nouvelles, et
elles ne sont pas bien bonnes: sans oxygène dit
la puéricultrice, tu ne "tiens pas le coup",
je trouve cette expression tellement pleine d'angoisses
de tristesse, ça veut dire quoi au juste que
tu ne tiens pas le coup ? physiquement que t'arrive t'il ?
tu souffres ? tu risques des séquelles ?

Et le soir ... C'est
si dur, je commence à avoir mal, et surtout tu
n'es toujours pas là, pourquoi nous faire subir
ça ? Je t'ai vue, sur un petit tout petit film,
boire ton biberon, tes yeux bien ouverts l'air toute
étonnée d'être là et un peu
perdue aussi mon petit bébé tu es trop
loin.... et ces "bips" pour tout controler
de toi, tous ces bruits stressants qui t'accompagnent...
un autre bout de film où tu montres le poing,
tu fais de si petits bruits, petit amour... tu as l'air
volontaire et à la fois si fragile... et j'apprends
un peu à faire ta connaissance, tu es MON bébé,
NOTRE bébé je veux connaitre tout de toi.
c'est si étrange, je te découvre et quelque
part j'ai l'impression de déjà tout savoir
de toi, ton visage m'est déjà familier.
Et je passe la nuit avec une photo de toi, imprimée
sur un morceau de papier, je mémorise les moindres
détails de cette photo, je ne te verrai pas avant
demain matin maintenant... Et je me demande encore comment
j'ai fait pour tenir le coup de cette attente interminable,
à chaque fois notre rencontre repoussée
de quelques heures... je crois que j'évite de
penser aux conséquences éventuelles, aux
risques, je reste "juste" focalisée
sur notre séparation, je n'ai envie que d'une
chose, qu'on soit ENFIN tous les trois, on y a droit
non ? comme si une fois réunis, on devenait forts
et que l'amour nous rendait invincibles, que tout devait
forcément aller bien. On t'a comme "arrachée"
à moi, à ton univers chaud où tu
n'avais besoin de rien, et te voilà dans ce si
grand monde inconnu et froid, loin de ceux qui pourraient
te le rendre plus doux, chaleureux. Je ne sais pas trop
où tu es, ce que tu fais, comment tu vas exactement.
Mais je n'ai pas le choix, pour ta santé, tu
dois rester loin de moi. Je t'aime mon petit bébé,
je vous aime, je nous veux tous les trois dans notre
"bulle" de bonheur, comme en fusion, ne faire
plus qu'un... ___
VENDREDI
23 MAI :
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
x
à venir x
DU
SAMEDI 24 MAI AU SAMEDI 31 ...
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
x
à venir x

Oui
oui, ça c'est moi ! ;o)
ENSEMBLE,
TOUT EST PLUS JOLI ...
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~
"
Je ne me
souviens que
d'un
mur immense...
Mais
nous étions
ensemble...
Ensemble,
nous
l'avons
franchi...
Ensemble,
tout est
plus
joli... "
Encore
Jean Jacques
Goldman.
Et
j'aime
écouter cette
chanson,
te la chanter
à
voix très
basse,
"Ensemble",
quand
je te
donne
ton
biberon,
ce moment
privilégié
où tu me
regardes
dans les
yeux,
où le
matin
tu
me fais de si beaux
sourires
après
notre nuit séparées...
Ce mur immense,
cet accouchement,
nous l'avons
franchi
oui....
même si
nous
avons été séparés
pendant ta première
journée, par
la
pensée et l'amour
nous étions
ensembles,
unis d'une
même attente:
enfin
partager
la douceur.
nous
nous sommes
battues,
et quelque
part
j'étais avec
toi, ton papa
était
avec moi... Je
suis fière de toi,
tu as été forte
mon petit coeur,
pendant
tous ces
mois,
pour rester
au chaud,
pour
me combler
de bonheur...
à
moi maintenant
de
faire
pareil avec toi.
Quelques
semaines
et mois ont passés...
j'avais
écrit la première
partie de ce journal
à la maternité,
et tout juste revenue
à la maison... Aujourd'hui
les tristesses
s'estompent,
comme je l'avais écrit
au tout début,
le temps a embelli
les souvenirs,
et ne reste quasiment
que la sérénité,
la plénitude, cet
amour et
cette douceur
que tu nous donnes...
il y a de
l'amour dans ton regard
mon petit Coeur,
même dans ton regard
de petit bébé...
Il
ressurgira
parfois des regrets
surement pour un
temps, car j'aurais
tant voulu ce jour
"parfait", avec uniquement
des souvenirs de bonheur,
pour toi, pour
moi... nous devions
nous rencontrer
dans un moment
intime à trois.
Nous avons
été séparés à la place,
toi "arrachée"
de moi... il y a
eu la frustration
de ne pas te voir,
ne pas voir les premiers
moments avec
ton papa, son regard
quand il t'a découverte...
la peur pour
ta santé, la culpabilité
de ne pas
avoir pu t'accompagner
comme je l'aurais voulu
car
je ne maitrisais rien,
et cette impresion d'être
restée passive surtout...
Mais sache
que je ne veux
surtout pas que tu ressentes
ta venue au monde comme
une source de regrets,
de souffrances,
pour moi... non, ce jour
est un jour tellement
merveilleux, un des plus
beaux, et
4 mois après le 22 Mai,
je suis heureuse.
Je n'ai aucun doutes
sur mes capacités de maman,
c'est cela qui compte.
je sais qu'on se
comprend sans un mot,
juste un regard, et ce
qui nous unit est si fort,
invisible mais si fort,
je suis comme attachée
à toi, une fusion,
tu es un peu de moi...
Je suis fière de moi
aussi quelque part, de
ce que j'ai
su "construire".
J'apprends à vivre avec
ma cicatrice,
j'apprends à "l'aimer" car elle
est le souvenir
visible de TA NAISSANCE
et c'est ça le
principal... mon corps est comme
gravé à vie de
ta venue au monde, en plus
de mon esprit.
Tu illumines notre vie,
bébé adorable, depuis que
tu es née tout est si parfait...
je t'aime, je
vous aime...
Il
n'y a rien à regretter,
il fallait
tout ça pour que
nous te méritions
petit
bout
de bébé si parfait... il y a
plusieurs
mois
avant ta naissance,
je disais: "Je
vais me
battre,
mais tout en me disant
que tout
l'honneur revient
à ce petit bout de BB, c'est
elle qui me donne
espoir, à chaque
coup de
pied…".
Maintenant
je ne me sens plus "vide"
de toi, mais plutot
pleine
de fierté, fière
de toi, de ton
combat in
utero et de l'amour
et toute la plénitude qui
va
avec que tu me donnes
jour
après jour... merci...
Toi
surement
tu ne gardes plus de
souvenirs
malheureux de
ta venue
au monde tourmentée... j'espère
très
fort en tous cas
avoir pu effacer tout
ça. Pour
ma part je ne garderai bientot
que le
souvenir
merveilleux
de la première fois où je
t'ai
vue... OUI, l'essentiel
est que TU ES LA,
avec
nous,
adorable....
...
Laurie Lou Petit Miracle ...
Depuis
ta naissance chaque journée est une petite
pierre précieuse.
Un regard, un sourire, un éclat de rire
...
... un diamant, un saphir, un rubis de plus
et notre trésor, Toi... grandit.
Mais tout reste à faire, à construire,
tous les jours, mon si petit et si grand Amour.
Construire tes souvenirs...
Et je te promets qu'ils ne seront qu'amour,
joies, douceur et tendresse...
... tout comme tu le fais pour nous.
Tu es notre soleil la journée et les
étoiles dans la nuit, pour faire scintiller
notre Bonheur...
Le futur est rempli de promesses, plus belles
les unes que les autres, avec Toi ...
...
Toi notre Petit Coeur ...
|

Environ 15 jours après ta naissance j'ai écrit ceci:
" Et le 22 mai 2003 notre vie changée à jamais. pendant ma césarienne, pendant que je donnais la vie, cette chanson, tout cet amour dans les paroles et tout cet amour quand on m'a posé ma fille sur ma poitrine... ce coup de foudre cet amour infini et instantanné.je n'oublierai jamais ce moment là, je n'oublierai jamais cette chanson, merci pour ce moment de tendresse et d'émotion... cet air gai est maintenant pour moi teinté de nostalgie, de douceur, d'attachement et de l'émerveillement de donner la vie...
Je crois
que longtemps
j'aurai
les
larmes aux
yeux, ces
paroles
deviennent
encore
+
émouvantes
quand
on pense
à ce
moment
d'intimité
partagé
avec la
musique
en
quelques
sortes...
Pour
JJG: Merci.
"
°Poême°
Comme un fil entre l'autre
et l'un
Invisible, il pose ses
liens
Dans les méandres
des inconscients
Il se promène impunément...
Et
tout un peu tremble
Et le reste s'éteint
Juste dans nos ventres
Un noeud, une faim...
Il
fait roi l'esclave
Et peut damner les saints
L'honnête ou le
sage
Et l'on n'y peut rien.
Et
l'on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien
rangées
Terroriste, il fend les
armures,
Un instant tout est balayé...
Tu
rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux...
Et
tu cherches à la croiser
T'as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l'on n'y peut rien.
Il
s'invite quand on ne l'attend pas
Quand on y croit, il s'enfuit
déjà
Frère qui un jour
y goûta
Jamais plus tu ne guériras...
Il
nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C'est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l'amour
Et l'on n'y peut rien.

Jean Jacques Goldman.
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