VENIR AU MONDE ...

 

 

Petit rajout deux ans plus tard :
Ces "quelques" lignes paraitront surement tourmentées,
el
les reftent une période pleine de contrastes de notre vie.
Je tiens à dire qu'actuellement tout est différent, notre fille est un tel bonheur
q
ue j'aborderai une seconde grossesse plutôt sereinement sachant à quoi m'attendre...
Main
tenant tout est plus "zen" et la tendresse, la douceur ont effacé ces moments riches en émotions diverses.

 

 

C'EST COMME SI TU AVAIS TOUJOURS ÉTÉ LÀ...
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C'est comme si tu avais toujours été là, dans notre vie. Comme si je te connaissais par coeur, si je ressentais ce que tu ressens. Ce petit bout de nous deux, tu es l'aboutissement de l'amour de 2 êtres, le fruit de la patience, la tendresse et de la douceur...

Je te parle, si naturellement, tu ne comprends pas mais j'espère que tu ressens l'amour. Je te parle de ton séjour dans ce "nid" qui, je ne le saurai jamais, n'a peut-être pas été si doux pour toi. Des contractions pendant presque 5 mois, cette sensation que mon corps voulait rejeter ce petit être qui ne demandait qu grandir. C'est dur à accepter, ne pas mtriser son corps, qui va à l'encontre de ce qu'on désire le plus au fond de soi, au creux de son coeur... Et jusqu'au bout je l'aurai détes, il te faisait tant de mal, ton petit coeur en souffrait, ce petit coeur qui le 21 Octobre a été une révélation quand nous l'avons entendu à l'échographie, pour la toute première fois. Paradoxalement, j'aimais tant aussi ce corps de femme enceinte, j'étais fière de ce ventre que TOI tu rendais si beau, en l'arrondissant au fil des semaines. Je me sentais belle, belle de par tout ce que ces modifications symbolisaient : la féminité, la maternité, la vie, l'enfance et l'innocence à venir... l'espoir, l'amour, à chacun de tes mouvements, de tes petits coups de pieds.


Maintenant je me sens vide, c'est absurde car tu es et tu illumines nos vies par ton si joli sourire, par tes mimiques, ton visage, ton regard qui découvre notre vie. Peut-être n'ai-je pas bien pu faire le lien entre "toi" dans mes bras, et "toi" et tes coups de pied dans mon ventre. À "cause" de cette césarienne faite en urgence, vu l'affaiblissement de ton coeur, je n'ai pas pu te voir sortir de moi, je n'ai pas eu un vrai accouchement, celui qui fait "devenir mère", cette sorte de rituel avec le "travail", qui fait dire que la maman a fait du beau boulot et peut en être fière. J'ai subi, moi. Mais quelque part, l'épreuve n'était-elle pas aussi ? Elle est peut-être plus dans "l'après", et il faudrait aussi en être fière.


Je me sens vide... vide de tes mouvements. La forme, le poids de mon ventre me manquent, cette façon que j'avais de "te" ou le soutenir, le toucher, le caresser et TE caresser aussi, communiquer mon amour. Tout ça doit être difficilement compréhensible pour quelqu'un d'autre, car tu es là, en bonne santé, si jolie, adorable toute sage, et n'est-ce pas là l'essentiel ? Mais c'est comme si j'avais été volée de ce dont je rêvais depuis des années, ce que j'avais idéali, "préparé" dans mes rêves... J'ai été volée d'une partie de ma grossesse, avec ces mois alitée, les angoisses au lieu de la sénité... Et la nature m'a vo l'accouchement et toutes ces idées que j'y rattachais là aussi : un moment d'intimité entre les parents et l'enfant, une rencontre à trois, une découverte simultanée, le cordon coupé par le papa, sa réaction à la 1ère seconde il aurait te voir...
Au
lieu de ça, nous avons vécu un accouchement tous les trois sépas, chacun seul de son côté. Et la vie nous a voléles premières 24h de ta vie, vu que tu étais loin de moi dans un incubateur. Heureusement, ton papa m'avait impri une foto, j'ai passé la nuit à t'admirer sur ce petit morceau de papier...


Ceci dit tout celà était nécessaire pour ton bie-être à venir, de ce cô là je n'ai AUCUN regret, la césarienne était cessaire, pour toi. Après tout, on n'accouche pas pour soi-même, mais pour donner la vie et le bien-être à un bébé. Une cicatrice si fine, et peu visible...
Au fil
du temps tout ça s'estompera, mes sentiments moins vite que la cicatrice elle même sûrement... Mais quand je te regarde, les larmes me montent aux yeux et tout ça en valait la peine, on dépasse ses limites et on est pte à tout dans ces moments là. C'est instinctif, on ferait tout pour sauver la chair de sa chair, pour la défendre contre cet ennemi, ce mal. Je ne me suis posée aucune question, j'ai fait confiance au gynéco, je me suis laise porter par les événements et son assurance. Par contre, j'aurais eu un peu plus d'1h30 pour m'y préparer, j'aurais su mieux t'accompagner, te soutenir, te guider jusqu'à moi et t'accueillir. Parfois je culpabilise, c'est comme si je t'avais laissée te battre seule. Je le regrette... Je ne réalisais pas que tu allais enfin être là, ce qui maintenant me procure cette sorte de sentiment de néant, de "mort" quelque part oui... J'aurais eu le temps de réaliser, j'aurais vécu plus positivement, j'aurais profi du peu de temps qu'il restait pour te caresser, te rassurer, je n'aurais pas vécu ces mouvements ressentis juste après la pose de la péridurale comme tes "derniers mouvements" mais plutôt comme un signe pour me dire : "j'arrive ts bientôt ma maman !" Je ne les oublierai jamais, ces "derniers" mouvements dans mon ventre, ô comme j'adorais ça...


Je vais me rattraper et je me rattrape dé. Avec nous, tu es dans un nid de douceur, enveloppée de tendresse, tout n'est que câlins, pour te montrer à quel point je t'aime, même si je n'ai pas su tout bien faire sous le coup de l'émotion. Et c'est pour ça aussi que je te parle, que je te caresse, que je te regarde des heures durant sans jamais me lasser. Pour te transmettre tout mon amour, au cas où dans mon ventre tu ne l'aies pas ressenti comme ça... pour te rassurer et te faire oublier cette épreuve de l'accouchement car, même si plus âgé on n'en garde aucun souvenir, pendant quelques jours tu as gardé une sorte de souvenir, unflexe sûrement dû à ce traumatisme de la paration, de la souffrance dès ton arrivée dans ce monde, que je voudrais te rendre si doux, chaud confortable... Tu sursautais au moindre contact, pendant 48 heures, puis tu t'es habituée à nous, c'est passé... pour revenir quelques jours plus tard avec cette prise de sang. Maintenant, trois semaines se sont écoulées et tu parais moins craintive. Et de mon côté, j'ai beaucoup moins de problèmes à m'endormir ("une forme d'anxiété" a dit la sage femme). Pendant plusieurs nuits, dès que je passais la re phase du sommeil, jtais réveillée en sursaut par la sensation de tomber, et ça, dix, quinze fois dans la nuit.


Te parler, t'écrire aussi. Peut-être un jour liras-tu ces lignes. En tous cas, pour toi, pour moi, je ne veux pas oublier tout ça, car c'est ce qui a fait que tu es venue au monde, que tu es toi. Avec le temps, les souvenirs embelliront les choses. Jusqu'au bout, la vie nous aura demandé des preuves de notre amour envers toi, comme si elle pouvait en douter... Tu as été on ne peut plus désirée, attendue pendant de longs mois, aimée avant même d'exister...


Et pour ce qui est d'aimer, ce n'est que le commencement, mon coeur. Mon homme, mon amant, ce père rêvé... et toi mon si petit bébé, mon ange, je vous aime.

 

AINSI FAIT L'AMOUR ET L'ON N'Y PEUT RIEN...
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Cette phrase "colle" si bien à ta naissance. Un coup de foudre, un amour instantanné et infini. Un lien invisible et si solide, une fusion, je mourrais pour toi s'il le fallait. Et cette chanson de JJ.Goldman qui me fait pleurer, débordant de souvenirs de ce 22 mai. L'autre jour, c'était en te berçant dans mes bras...La chanson, c'est "Et l'on n'y peut rien".

Pourquoi les larmes aux yeux ? Dans le bloc opératoire, il y avait de la musique... et cette chanson là, pour ta venue au monde. Je ne l'oublierai jamais, je crois. Une belle chanson d'amour, gaie, qui pour moi maintenant a un petit gout de douceur, d'émotion... En la ré-entendant, je retrouve les souvenirs, les sensations, l'ambiance avec ses bruits, ses odeurs, et me si cette naissance gardera quelques regrets quant au déroulement, après tout, c'est surtout TA NAISSANCE, alors je l'aime aussi, ce moment, bien sûr.


Pour que tu saches tout ce qui a fait que tu est TOI et que nous t'aimons tant, notre "petit miracle", notre petit coeur, il faudrait remonter loin. Trois ans mois pour mois. Sur d'autres pages, tu as pu suivre notre désir et ton évolution. Trente mois d'attente, de batailles. Même plus, car je te "voulais" déjà avant, depuis des années en fait, mais l'ie était encore "abstraite". Puis avant même d'essayer, le désir était au fond de moi, un enfant avec l'homme que j'aime, qui m'a "reconstruite", l'homme qui me rend belle et forte, sans qui je ne peux pas "grandir"...


Je suis en train d'écrire et tu es là, contre moi, tu dors paisiblement et parfois souris aux anges. C'est si beau. Je te regarde et tu es si belle. J'aurais envie de te serrer très fort contre moi, mais tu es si fragile. Tout est là. Vulnérable et pourtant si parfaite, comme la Nature fait bien son travail : unbé a tout d'un homme ou d'une femme, mais en si petit, c'est magnifique. De si petits pieds, des petites mains, un petit derrière (je l'aime ce petit cul, celui-là même qui me donnait des coups, en haut à droite sous les tes, et que je poussais quand tu faisais trop d'étirements !) un si joli sourire, un tout petit nez, des yeux magnifiques, jusqu'aux cils tout est là. Nous sommes tous les trois dans une bulle et c'est l'amour qui nous protège, accompagné de douceur...

 

 

 

 

 

 

LUNDI 19 MAI :
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A 18h30 ayant mal à un rein et à la vessie (et ne te sentant pas trop trop bouger depuis quelques jours, arrêt du salbu* et contractions toutes les 5 minutes en quasi permanence) je m'en vais à la clinique pensant, pour une fois, revenir 1 heure plus tard. les autres fois, il y avait toujours eu ce doute "mon col a t'il bougé ? et s'ils me gardent ?" mais cette fois là je suis confiante, je me dis "un monitoring et tout va aller bien".

Mais apparement ma description des symptomes retient l'attention de la SF mes contractions sont régulières, mon col est raccourci. Puis arrive le gynéco, celui que je préfère des trois qui m'ont suivie jusque là. quelqu'un de compréhensif, doux, humain avec un petit peu d'humour ce qui aide parfois à dédramatiser... deuxième toucher vaginal, le col commence à s'ouvrir. re description de ma douleur, dans le rein et ça iradie jusque devant, ça descend jusqu'à la vessie. bilan du gynéco: coliques néphrétiques, d'où perfusions et observation pour la nuit. mais ça pourrait être aussi un début de travail... il m'explique comment ça va se passer, demain matin une écho pour voir le système rénal, il repart.

Là je suis partagée entre une excitation "je vais peut être accoucher demain, voir notre fille, ça y est tout est peut en route" et l'inquiétude "quel est le problème ? ça y est ils me gardent c'en est fini de ma grossesse, de mon si joli ventrou plein de promesses d'une si belle vie... je ne pourrai plus profiter librement de tes mouvements, me promener fièrement et profiter de mon état que j'adore malgré ces mois alitée". Alors je pleure, c'est si déroutant. Jusqu'ici je n'ai pas vraiment stressé à l'idée d'acccoucher, ça ne m'a jamais fait "peur". c'est une phase par laquelle il faut passer, c'est tout, et au bout, la "récompense"... (et en fin de compte, j'ai été comme "prise" dans un engrenage au fil de ces journées à la clinique, qui m'a menée au 22 mai, sans vraiment avoir le temps de penser à l'accouchement proprement dit). La SF vient demander si on a prévu la "valise au cas où" ben non, je suis partie les mains vides moi... pose de la perfusion, elle commence par me louper au bras droit, aiguille trop grosse, en plus de mon stress, qu'est ce que ça fait mal ! deuxième tentative, réussie, ouf, plus haut dans le même bras. et les contractions du coup se sont emballées: toutes les 2 minutes !

En fauteuil roulant on m'emmène dans ma chambre, et ton papa part chercher des affaires... Le soir tard, il repart dormir à la maison, je n'ai tellement pas l'habitude de dormir sans lui depuis plusieurs années... mais je me retrouve avec toi, en "tête à tête", et je sais qu'il n'est pas loin, à 5 minutes de nous...

 

MARDI 20 MAI :
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L'échographie devait avoir lieu le matin, et ça commence, l'attente sans savoir... ce n'est pas prêt de s'arrêter ! L'après midi enfin, on m'emmène, toujours en fauteuil roulant, jusqu'à la salle des échographies, je fais un peu bête curieuse avec ma perfusion et ma tenue "de nuit" sympa.... Ah comme j'ai du mal à me bouger, ce ventre grossit encore et toujours, et il pèse bien plus vers le bas, tu peux encore descendre plus bas ? ! ? ;o) ah ça tu es bien engagée je te sens pas loin envie de nous rencontrer, petit à petit la nature fait son travail...

tout va bien pour toi à cette écho, du coup même si ce n'est bien sur pas le but, je peux encore t'admirer, essayer d'attraper des images de toi, tout en étant consciente que très bientot je verrai vraiment ton visage... tête en bas et tu as l'air de bien vivre les contractions: tu tètes ton pouce ! et l'échographiste prévoit un bébé de 3 kgs (tu feras 2.995 en fait, histoire d'affirmer sa perosnnalité ce p'tit bout !). Je lui demande comment tu es dans mon ventre, vu que depuis que tu es tête en bas j'ai du mal à bien situer quoi est où... ce sont donc tes p'tites fesses que j'aies à droite sous mes cotes... quant au coté gauche, cette bosse que j'ai poussée plusieurs fois, où parfois on sentait si bien les contours: ce sont tes genoux ! (et c'est vrai quand je toucherai tes genoux "pour de vrai", ça a vraiment la même forme !)
le gynéco revient me voir: j'ai certainement des petits calculs et vu que la douleur peut devenir insupportable, je reste, nous restons encore la nuit... perfusion toujours, ça me rappelle le film "Philadelphia", me ballader avec ce "pied" à roulettes dans ma chambre... :o(

 

MERCREDI 21 MAI :
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Matin, monitoring, et ça se gate... j'ai certes le col qui se raccourcit et s'ouvre un peu, mais sans "vrai" travail, et là je souffre sacrément: au monito on voit que je fais des "hypertonies", des contractions qui durent 1/2 heure ! elles ne sont pas très "fortes" sur le tracé, mais au bout de 1/2h ça fait vraiment mal, et je pense à toi "là dedans" comme ça doit être dur pour toi... ton petit coeur faiblit pendant ces moments là, mais la sage femme se veut rassurante: tu te remets bien...
le monitoring le plus long de ma grossesse: 5 heures ! et j'en refais d'autres dans la journée...

On me met sous perfusion de salbu*** ("comprimés puissance 10" dit la sage femme !). Le gynéco vient pour un "bilan" et me dit qu'on me garde, encore... je vois encore s'éloigner ma sortie, me retrouver "chez nous" avec toi dans mon ventre et que tout aille bien... Alors, je reste sous perfusion, et d'ici 3 jours on me provoquera des contractions voir si tu tiens le coup. pour l'instant avec salbu*** ça se calme et tu restes au chaud.... il vaut mieux, à chaque nouvelle journée de passée, un bébé en meilleure forme... Le gynéco parle vaguement de césarienne vu que les contractions agissent sur ton coeur, mais reste confiant, et ne pense pas qu'on en arrivera là, vu que tu tiens le coup. Mon petit bébé comme je suis désolée de t'infliger ça ! Et quand il repart, je craque, j'ai si peur, c'est le ciel qui me tombe un peu sur la tête, la fin de mon rêve, ma grossesse que je voudrais terminer sereinement... j'ai peur pour toi mon petit poussin, et je pleure... parce que là, ce ne sera pas une naissance comme tu l'aurais choisie, le jour où tu aurais voulu...
La sage femme qui s'occupe de moi me voit en larmes, et devient très douce, il n'y a plus du tout le rapport patient/médecin, et elle me donne un calmant, quelque chose de bien plus fort que les anxiolitiques donnés jusqu'ici, sensés décontracter mes muscles. Du coup, je dors un moment, et je suis plus calme, plus "neutre"...

Le salbu*** me fait de droles d'effets vraiment désagréables, j'ai vraiment l'impression d'être malade, je me sens mal et ne maitrise pas du tout mon corps et ses tremblements... j'essaie d'en rire, au repas du soir: la cuillère remplie de soupe a du mal à ne pas arriver vide à ma bouche, les concombres sont égouttés de leur vinaigrette... quant aux coquillettes, elles se font un peu la malle... Avant de dormir, on stoppe la perfusion, et on m'enlève le cathéter malgré que je répète les mots du gynéco: la laisser pour dans trois jours, voire plus tot...
Je me couche, "avec" toi et sans mon homme et je me sens perdue, vulnérable, et inquiète... je t'aime mon coeur, et j'ai peur. je te demande pardon pour ce corps qui te fait du mal, je passe la nuit à guetter mes contractions, au cas où tu aies besoin d'aide...

 

 

JEUDI 22 MAI ...
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petit déjeuner, sans le savoir, mon dernier repas avant quelques temps... puis la "routine" examens divers température, tension... la sage femme vient et découvre que je n'ai plus ma perfusion, elle reste sans voix puis "euh et la perf ?" "eh non y en a plus, ils me l'ont enlevée malgré mes explications !" elle lève les yeux au ciel... ;o)


monitoring: avec la SF que j'aime beaucoup. elle restera une "inconnue" mais je ne l'oublierai pas. maternelle quelque part mais aussi mon "égale", le rapport n'a pas l'air juste médical, il est humanisé, elle connait la compassion, la compréhension et la générosité. Je me mets sur le coté gauche "bébé aime bien ça", et revoilà le battement rythmé qui me berce, me rassure, et je m'endormirais presque... tu es là tout près... je dois surveiller les lumières de la machine, et ça passe beaucoup dans le rouge, je sonne. Le bruit qui retentit dans le couloir est bien plus rapide que la veille, la SF arrive très rapidement. elle bouge le capteur, ça a l'air ok, alors je me recale sur le coté, le ventre "dans" mon coussin. cinq minutes plus tard, ça recommence, cette lumière rouge, elle revient voir, ne dit rien, et repart aussitot. Là je SAIS, je t'entends mon petit ange, et ton coeur faiblit, il bat si lentement, plus lentement que le rythme d'un adulte, il peine, il lutte, le mien bat beaucoup plus vite.

tout s'accélère à part ce petit coeur mon ange... la SF revient, avec elle 5 ou 6 infirmières, avec le "matériel" nécessaire pour une piqure dans le bras gauche, mon coeur s'accélère encore, les battements plus forts et j'ai chaud, ça c'est du salbu***. En même temps dans le bras droit, une 4ème perfusion, je le savais que j'allais y avoir droit ! je n'ai même pas mal, je ne pense qu'à toi, notre petit bébé souffre... On laisse le monito et après la tempête tout semble se calmer. quelques minutes encore et arrive le gynéco, cette priorité dans ses visites, je m'en serais passé, ceci dit j'apprécie qu'il ait été concerné, présent et disponible rapidement. très calmement il m'explique ce que je sais déjà, je ne suis pas en travail et déjà le coeur ne tient pas. "ça sera une césarienne". Bon. Va falloir que je me prépare à ça, chose que je n'avais jamais envisagée.

Je suis allongée dans ce lit, il est là en face de moi et je demande "dans combien de temps ?" pensant à quelques jours de répit à encore profiter de tes mouvements mon petit bébé... "combien ? 1h30." Le choc. Mais les larmes ne viennent qu'après son départ, pourtant je ne réalise pas vraiment, je ne peux pas y croire. je ne peux pas me dire que tu vas naitre, que nous allons faire connaissance. j'ai peur je crois, je suis juste dans cet état d'esprit d'urgence et de danger. ça y est c'est parti, c'en est fini de mes moments avec toi dans mon ventre à te sentir te parler mentalement... la SF vient me préparer, blouse chaussons "bonnet" rasage... et un petit bracelet à mon nom, comme ceux des bébés...

à partir de là j'alterne la peur et le calme. peur que ça se passe mal, peur de cet inconnu, je ne sais pas du tout le déroulement. peur de mourir aussi, de laisser un papa et son enfant. Qd je par pour le bloc, j'ai la gorge tellement serrée en regardant ton papa mon mari adoré, je suis si perdue sans lui, je nous voulais tant tous les trois...


départ pour la césarienne: Le calme. paradoxalement je me laisse porter par les événements. je n'ai pas d'autre choix que de faire confiance au gynéco. me voilà donc "roulant" allongée sur le dos, l'infirmier me parle et je ne vois que ces lumières blanches aux plafonds. il m'emmène jusqu'au sous sol, plus de lumière du jour, nous passons devant une chambre mortuaire, tout devient si glacial ici... il me laisse dans le couloir. le silence. je suis seule avec mes angoisses, et pourtant j'aurais du me concentrer et me dire que je n'étais pas seule. on était deux à attendre, je te demande pardon de t'avoir comme délaissée, je le regretterai si longtemps...
revoilà du monde et toujours les mêmes questions pour me détendre "c'est une fille ?" "quel est son prénom ?" Laurie Lou, en deux mots, ma Laurie Lou qui ne se manifeste plus actuellement, tu récupères peut être ? pourquoi ne m'as tu pas rappelée à l'ordre avec un bon coup de pied ?


13 heures: je rentre dans la salle la luminosité me parait bleutée. le personnel précise 10 fois qu'il faut que je garde ma perfusion jusqu'au dernier moment. je ne sais plus trop quand, je demande au gynéco "et si la péridurale ne prend pas bien ?" j'ai peur d'être "découpée" et de tout sentir !


pose de la péri: je devrais penser à toi mon petit amour, j'y arrive pas, ça va trop vite je n'ai pas le temps de reprendre mes esprits. Et moi qui avais peur de cette péri, avoir mal, cette aiguille... dans le dos on n'y voit rien j'aime pas ça... là je sais que j'aurai la force de tout endurer pour toi mon bébé. l'anesthésiste me demande de faire le dos rond, facile avec mon gros ventrou ! je replie ma jambe gauche sous mes fesses, tiens l'instinct, et ça marche ! la sage femme me tient d'une main la tête serrée contre son épaule et de l'autre elle tient mes mains. j'ai bien du lui broyer quelques doigts ! ! !

plusieurs piqures pour encercler la zone, ça fait certes mal mais c'est supportable, c'est surtout l'angoisse de l'inconnu... et LA piqure, la vraie ouh je sens que ça glisse entre les vertèbres bizarre... pendant les cours de prépa à l'accouchement, la SF nous avait dit que les anesthésistes étaient plutot froids, concentré sur leur travail. pourtant ce monsieur me parait gentil et plutot doux. "allongez vous" et là te revoilà... aussitot sur le dos je sens tes mouvements, coups de genoux de fesses, une dernière fois et j'en ai conscience, après ça en sera fini. tu me fais signe que tu es là mais je ne sais toujours pas réaliser que je vais bientot te voir. peut être je préfère ne pas penser à ce futur proche, au cas où... me protéger, enfin, tenter vainement de me protéger, s'il arrivait quelque chose je ne pourrai pas me protéger, m'en remettre, jamais.

me voilà avec du coton qui arrive dans les jambes, et on me colle des trucs partout, électrodes sur la poitrine, un gros carré gris relié à un fil sur la cuisse droite c'est quoi ça ? (c'est pour faire la masse, qu'on me dit) la "pince" sur l'index droit, la perf tjours là, on m'attache les deux bras et les jambes c'est si étrange de voir tout ça... c'est pas l'image rêvée de l'accouchement. on me place aussi une sonde urinaire :o( mais je ne sens quasiment rien la péri commence donc à faire effet.

l'accouchement: ça va commencer... je vois encore mon gros ventre, tout rond, je sens le gynéco qui fait un tracé de ma future cicatrice avec un "stylo", je ne peux pas voir par contre... et il continue à faire des "dessins" c'est bizarre quand même ça dure... et le voilà qui passe le stylo à la sage femme, qui dessine à son tour, lui repasse le stylo... la crainte, le doute, puis j'essaie d'analyser et.... MAIS ILS ME FONT PAS DES RONDS ET DES CROIX LA ? ! ? pas un morpion qd même si ? et la sage femme de dire "bon ben alors là personne a gagné ?" "non..." répond le gynéco. "on vous a fait un morpion !" et moi de répondre "c'est bien ce que je me disais ! ! !" du coup mon petit bébé tu es surnommée "la morpionne" ! ;o)

Les choses sérieuses commencent, là je ne vois plus ce qu'il se passe... un bruit électrique ça doit être le scalpel ouf je ne sens rien... et je commence à avoir le vertige ça tourne sacrément je me sens dans une sorte d'état second... il y a de la musique tiens... Noir Désir je crois, Cabrel aussi... et à un moment le gynéco dit "Vite y a JJ préviens Untel" je m'inquiète, que se passe t'il ? que t'arrive t'il ? ils parlent toujours en initiales (MAP pour menace d'accouchement prématuré, ECG pour électro cardiogramme par ex...) et pour moi il y a un problème. puis je comprends, JJ c'est J.Jacques Goldman, la musique, je l'avais oubliée... ! ! ! ;o) "Et l'on n'y peut rien" chanson gaie... j'écoute et je "subis", j'attends en quelque sortes... il continue de couper et moi j'ai toujours la tête qui tourne. l'anesthésiste est derrière moi et me caresse les cheveux, me demande "ça va mon petit ?" et qui a dit qu'ils étaient distants ? c'est protecteur, rassurant, c'est vrai à ce moment là je me sens si petite, vulnérable, je ne me sens pas "mère en devenir". en tous cas, péri ou pas, là je sens qu'on coupe, ça fait mal et dans cet état de "droguée" (surement de la morphine) je m'entends "raler" des bruits étranges... c'est comme si j'assistais à mon accouchement extérieurement, j'entends les bruits, je m'entends. j'apprendrai plus tard que ce moment là, c'était le péritoine, au moins je peux dire que j'ai senti une partie de mon accouchement. maintenant on aspire le liquide amniotique, on m'appuie bien fort sur le ventre, le gynéco me prévient, mais là je n'ai pas mal, je sens c'est tout...

La sage femme me décrit la scène, c'est si gentil je trouve, pour me donner une impression d'accouchement plus naturel, me permettre de visualiser "la tête est sortie" "maintenant une épaule" et là je ne respire plus. je commence à réaliser. ça se bouscule, puis un silence... et un petit cri, d'un si petit bébé, et un autre... c'est toi ça... puis j'attends, quelques secondes qui me semblent une éternité, je t'entends, ma fille, pleurer mais tes cris s'éloignent. et reviennent. on me détache les bras, j'ai encore cette fichue "pince" au bout de l'index mais je l'oublie, voilà mon bébé. la SF te pose sur ma poitrine, ta tête au creux de mon cou, à droite. et c'est le calme après la tempête, le silence, il n'y a plus que toi et moi tu ne pleures pas tu es toute chaude. mais tu n'es pas toute nue, tu as une petite couverture. et je m'entends dire ces mots: "je peux voir sa petite bouille ?" je ne peux pas te soulever toute seule, la SF m'aide tu pleures un peu et tu t'arrêtes. et je découvre ton visage, plein de vernix et autres liquides, dont un tout blanc qui coule sur ta figure, ce n'est pas grave, tu es si belle, et c'est le coup de foudre de ma vie, un amour sans fin pour toi ce petit bout de "nous deux", je n'oublierai JAMAIS ton petit visage, tes yeux fermés un peu gonflés ton petit air renfrogné tu es magnifique et me voilà liée à toi pour l'éternité prête à tout pour toi... avec ton petit bonnet je ne vois pas tes cheveux, apparement tu n'en as pas trop ;o) et ils sont foncés, je ne sais pas trop mais après tout je m'en fous, je caresse tes joues ton front... mais je sais, ça ne va pas durer, ça ne peut pas durer, il faut qu'ils t'emmènent loin de moi, pour ton bien alors on te reprend à moi... et je me dis que tu vas bientot retrouver ton papa...

tu repars, tu pleures à nouveau... voilà tu es née. il est 13h35 mais je ne le sais pas. et je me retrouve "seule" malgré tout ce "monde" médical et je me dis "ça y est, on y est arrivés" oui on a réussi, 3 ans il aura fallu des traitements le désespoir le sentiment de vide et d'inutilité... mais là on a réussi cette merveille, notre petit miracle oui toi...
Et je pleure .... l'émotion, le soulagement, la sérénité... l'anesthésiste est toujours là, et me demande en souriant "vous êtes déçue ? vous vouliez un garçon ?" "oh non ça je ne suis pas déçue..." je crois qu'il a compris, garçon, fille, je suis heureuse, comblée, c'est tout... mais je crois qu'à un moment j'ai qd même demandé "c'est bien une fille ?" car toute emballée, je n'ai pas pu te voir nue...

 

Après : maintenant le plus long: me recoudre. mais je suis bien, toujours "planante" le seul moyen de "faire passer" ce vertige somme toute agréable c'est de fermer les yeux... et je crois même que je m'endors... j'ai cette image de toi devant les yeux, je ne vois que ça... à ce moment là, même si j'ai "subi" la césarienne, j'ai l'impression d'avoir accompli quelque chose de grand... je suis confiante, je me dis que tu es avec ton papa, et pour moi tu vas bien... on ne m'a rien dit à ce sujet et je n'ai pas posé la question non plus... (et en fait ils se sont bien gardé de me parler de ta détresse respiratoire qui te fera passer 24 heures sous oxygène) je vais très bientot te retrouver, nous allons être tous les trois à faire connaissance....

ensuite, on me transporte sur un chariot ( ?), avec des sortes de barrières de protection, je suis calée là, et me voici en salle de réveil... sensation étrange car même si je "plane" toujours des effets de la perfusion surement, j'ai l'impression d'être très fatiguée mais je suis tout à fait consciente, au contraire de certaines autres personnes dans la pièce. cet endroit est très impersonnel, on ne me parle quasiment pas, j'ai un masque à oxygène et petit à petit quand je ne ferme pas les yeux pour penser à toi et à ton papa, je regarde autour de moi tous ces gens qui sont là, opérés, et dire que moi ce n'aurait pas du être une opération mais un accouchement, un moment joyeux quoi, j'aimerais tant être dans ma chambre actuellement plutot ! patience...
Je ne sais plus du tout quand (ça restera le grand mystère de mon accouchement !) on m'a enlevé le cathéter de la péridurale... et je retourne dans ma chambre.

Milieu d'après midi, "notre" chambre : Enfin je vais te revoir et peut être te retrouver dans les bras de ton papa si tu ne dors pas ? j'arrive dans la chambre, et là personne, déception... on me remet sur mon lit et j'attends, mais je ne sais pas comment je fais pour être aussi zen, je me dis que tu es entre de bonnes mains avec "mon amoureux"... Un petit moment plus tard le voilà qui arrive, étonné de me voir là, et avec un magnifique sourire il a l'air tout heureux et si fier de toi, j'aime le voir comme ça... mais toi tu n'es pas là... l'expression qui te garde loin de moi clouée au lit, c'est "détresse respiratoire"... tu dois donc passer quelques heures en incubateur, avec des sondes diverses et de l'oxygène. Ton organisme n'est pas assez oxygéné, seul, il te faut de l'aide, et petit à petit on diminuera le pourcentage d'oxygène. Mais je ne dois pas m'inquiéter.
Tu me manques déjà, j'ai envie de te voir, mais ton papa fait le lien, et je me "console" en me disant qu'il aura comme ça des moments privilégiés avec sa fille, que je n'aurais pas eus, tout comme j'ai eu l'immense moment privilégié (même si non souhaité) de te voir la première, même si ça a été si court... Je garde cette image encore et toujours, pour tenir le coup de cette attente... bientot, dans quelques heures voire moins, je vais te voir... en attendant, j'ai quelques "fotos" de toi sur le petit écran de l'appareil
Et c'est encore et toujours l'attente, depuis tous ces mois, les questions et l'attente. Toujours pas de toi à mes cotés... On va aux nouvelles, et elles ne sont pas bien bonnes: sans oxygène dit la puéricultrice, tu ne "tiens pas le coup", je trouve cette expression tellement pleine d'angoisses de tristesse, ça veut dire quoi au juste que tu ne tiens pas le coup ? physiquement que t'arrive t'il ? tu souffres ? tu risques des séquelles ?

Et le soir ... C'est si dur, je commence à avoir mal, et surtout tu n'es toujours pas là, pourquoi nous faire subir ça ? Je t'ai vue, sur un petit tout petit film, boire ton biberon, tes yeux bien ouverts l'air toute étonnée d'être là et un peu perdue aussi mon petit bébé tu es trop loin.... et ces "bips" pour tout controler de toi, tous ces bruits stressants qui t'accompagnent... un autre bout de film où tu montres le poing, tu fais de si petits bruits, petit amour... tu as l'air volontaire et à la fois si fragile... et j'apprends un peu à faire ta connaissance, tu es MON bébé, NOTRE bébé je veux connaitre tout de toi. c'est si étrange, je te découvre et quelque part j'ai l'impression de déjà tout savoir de toi, ton visage m'est déjà familier.
Et je passe la nuit avec une photo de toi, imprimée sur un morceau de papier, je mémorise les moindres détails de cette photo, je ne te verrai pas avant demain matin maintenant... Et je me demande encore comment j'ai fait pour tenir le coup de cette attente interminable, à chaque fois notre rencontre repoussée de quelques heures... je crois que j'évite de penser aux conséquences éventuelles, aux risques, je reste "juste" focalisée sur notre séparation, je n'ai envie que d'une chose, qu'on soit ENFIN tous les trois, on y a droit non ? comme si une fois réunis, on devenait forts et que l'amour nous rendait invincibles, que tout devait forcément aller bien. On t'a comme "arrachée" à moi, à ton univers chaud où tu n'avais besoin de rien, et te voilà dans ce si grand monde inconnu et froid, loin de ceux qui pourraient te le rendre plus doux, chaleureux. Je ne sais pas trop où tu es, ce que tu fais, comment tu vas exactement. Mais je n'ai pas le choix, pour ta santé, tu dois rester loin de moi. Je t'aime mon petit bébé, je vous aime, je nous veux tous les trois dans notre "bulle" de bonheur, comme en fusion, ne faire plus qu'un... ___

 

 

VENDREDI 23 MAI :
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x à venir x

 

DU SAMEDI 24 MAI AU SAMEDI 31 ...
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x à venir x

 

 

 


Oui oui, ça c'est moi ! ;o)

 

ENSEMBLE, TOUT EST PLUS JOLI ...
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" Je ne me souviens que d'un mur immense... Mais nous étions ensemble... Ensemble, nous l'avons franchi... Ensemble, tout est plus joli... " Encore Jean Jacques Goldman.
Et j'aime écouter cette chanson, te la chanter à voix très basse, "Ensemble", quand je te donne ton biberon, ce moment privigié où tu me regardes dans les yeux, où le matin tu me fais de si beaux sourires après notre nuit séparées... Ce mur immense, cet accouchement, nous l'avons franchi oui.... même si nous avons été séparés pendant ta première journée, par la pensée et l'amour nous étions ensembles, unis d'une même attente: enfin partager la douceur. nous nous sommes battues, et quelque part j'étais avec toi, ton papa était avec moi... Je suis fière de toi, tu as été forte mon petit coeur, pendant tous ces mois, pour rester au chaud, pour me combler de bonheur... à moi maintenant de faire pareil avec toi.

Quelques semaines et mois ont passés... j'avais écrit la première partie de ce journal à la maternité, et tout juste revenue à la maison... Aujourd'hui les tristesses s'estompent, comme je l'avais écrit au tout début, le temps a embelli les souvenirs, et ne reste quasiment que la sérénité, la plénitude, cet amour et cette douceur que tu nous donnes... il y a de l'amour dans ton regard mon petit Coeur, même dans ton regard de petit bébé...
Il ressurgira parfois des regrets surement pour un temps, car j'aurais tant voulu ce jour "parfait", avec uniquement des souvenirs de bonheur, pour toi, pour moi... nous devions nous rencontrer dans un moment intime à trois. Nous avons été séparés à la place, toi "arrachée" de moi... il y a eu la frustration de ne pas te voir, ne pas voir les premiers moments avec ton papa, son regard quand il t'a découverte... la peur pour ta santé, la culpabilité de ne pas avoir pu t'accompagner comme je l'aurais voulu car je ne maitrisais rien, et cette impresion d'être restée passive surtout...

Mais sache que je ne veux surtout pas que tu ressentes ta venue au monde comme une source de regrets, de souffrances, pour moi... non, ce jour est un jour tellement merveilleux, un des plus beaux, et 4 mois après le 22 Mai, je suis heureuse. Je n'ai aucun doutes sur mes capacités de maman, c'est cela qui compte. je sais qu'on se comprend sans un mot, juste un regard, et ce qui nous unit est si fort, invisible mais si fort, je suis comme attachée à toi, une fusion, tu es un peu de moi... Je suis fière de moi aussi quelque part, de ce que j'ai su "construire".

J'apprends à vivre avec ma cicatrice, j'apprends à "l'aimer" car elle est le souvenir visible de TA NAISSANCE et c'est ça le principal... mon corps est comme gravé à vie de ta venue au monde, en plus de mon esprit. Tu illumines notre vie, bébé adorable, depuis que tu es née tout est si parfait... je t'aime, je vous aime...

Il n'y a rien à regretter, il fallait tout ça pour que nous te méritions petit bout de bébé si parfait... il y a plusieurs mois avant ta naissance, je disais: "Je vais me battre, mais tout en me disant que tout l'honneur revient à ce petit bout de BB, c'est elle qui me donne espoir, à chaque coup de pied…".
Maintenant je ne me sens plus "vide" de toi, mais plutot pleine de fierté, fière de toi, de ton combat in utero et de l'amour et toute la plénitude qui va avec que tu me donnes jour après jour... merci... Toi surement tu ne gardes plus de souvenirs malheureux de ta venue au monde tourmentée... j'espère très fort en tous cas avoir pu effacer tout ça. Pour ma part je ne garderai bientot que le souvenir merveilleux de la première fois où je t'ai vue... OUI, l'essentiel est que TU ES LA, avec nous, adorable....

 

 

 

 


... Laurie Lou Petit Miracle ...

Depuis ta naissance chaque journée est une petite pierre précieuse.
Un regard, un sourire, un éclat de rire ...
... un diamant, un saphir, un rubis de plus et notre trésor, Toi... grandit.
Mais tout reste à faire, à construire, tous les jours, mon si petit et si grand Amour.

Construire tes souvenirs...
Et je te promets qu'ils ne seront qu'amour, joies, douceur et tendresse...
... tout comme tu le fais pour nous.
Tu es notre soleil la journée et les étoiles dans la nuit, pour faire scintiller notre Bonheur...
Le futur est rempli de promesses, plus belles les unes que les autres, avec Toi ...

... Toi notre Petit Coeur ...

 

 

 

 

 

 


 

Environ 15 jours après ta naissance j'ai écrit ceci:

" Et le 22 mai 2003 notre vie changée à jamais. pendant ma césarienne, pendant que je donnais la vie, cette chanson, tout cet amour dans les paroles et tout cet amour quand on m'a posé ma fille sur ma poitrine... ce coup de foudre cet amour infini et instantanné.je n'oublierai jamais ce moment là, je n'oublierai jamais cette chanson, merci pour ce moment de tendresse et d'émotion... cet air gai est maintenant pour moi teinté de nostalgie, de douceur, d'attachement et de l'émerveillement de donner la vie...

Je crois que longtemps j'aurai les larmes aux yeux, ces paroles deviennent encore + émouvantes quand on pense à ce moment d'intimi parta avec la musique en quelques sortes...

Pour JJG: Merci. "

°Poême°

 

 


Comme un fil entre l'autre et l'un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément...

Et tout un peu tremble
Et le reste s'éteint
Juste dans nos ventres
Un noeud, une faim...

Il fait roi l'esclave
Et peut damner les saints
L'honnête ou le sage
Et l'on n'y peut rien.

Et l'on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé...

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux...

Et tu cherches à la croiser
T'as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l'on n'y peut rien.

Il s'invite quand on ne l'attend pas
Quand on y croit, il s'enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras...

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C'est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l'amour
Et l'on n'y peut rien.


Jean Jacques Goldman.

 

 

 


Pour mailer Laurie Lou...
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